Cartographe dans la recherche

La cartographie, ce fût l’occasion inespérée d’approcher un rêve. Petite, j’ai été très marquée lorsque j’ai pris conscience de la manière dont les hommes ont pu partir à la conquête d’autres continents pour soumettre des populations et piller leurs richesses. Je ne me souviens pas avoir pas appris cela à l’école mais lu ce qu’était le massacre des Indiens d’Amérique dans un magazine de sciences et vie auquel m’avait abonnée mes parents (et je les en remercie encore !!!). Je rêvais alors d’être archéologue peut-être, ou journaliste… je voulais en savoir plus, tenter de comprendre, et en même temps j’étais fascinée par les lieux, par l’ailleurs : où vivaient donc ces Indiens ? Et les appelle-t-on réellement Indiens parce que Christophe Colomb s’est trompé de route ? Mais qui décide de comment on nomme le monde ?

Après trois ans de géographie, je découvre en Master une discipline dont je ne connaissais l’existence : la géohistoire, en suivant les cours de Christian Grataloup. Ce professeur des Universités, bien qu’éminent spécialiste de Géographie, de Géohistoire, auteur de plusieurs ouvrages et invité régulier de la Fabrique de l’histoire sur France Culture se montre tout à fait accessible et très à l’écoute. Suite à un entretien et grâce à lui je commence un premier stage CNRS à Tours.

La géohistoire, cette discipline non « reconnue » par le Comité National des Universités, ne rend pas possible l’obtention d’une thèse ou d’un parcours universitaire à propremement parler. Il faut être géographe s’intéressant aux problématiques temporelles ou bien archéologue ou historien s’intéressant à l’espace pour continuer à travailler sur ces problématiques, dans la pluridisciplinarité donc. La géohistoire de Grataloup s’inscrit d’ailleurs dans la poursuite des réflexions développées par Fernand Braudel, éminent historien qui a bouleversé les paradigmes de sa discipline en choisissant un « espace » : La Méditerranée, comme objet de sa thèse.

Cette année-là fut la découverte du milieu de la recherche comme apprentie cartographe, je découvre alors ce à quoi peuvent s’intéresser les enseignants à l’Université lorsqu’ils n’enseignent pas : ils enfilent leur casquette de chercheurs dans leurs laboratoires. Se déroulent alors devant moi des scènes de réflexions sur le temps et l’espace, dont les metteurs en scène n’étaient autres que ces chercheurs si passionnés. Grâce à mon professeur qui acceptera ensuite de devenir mon maître de mémoire, une partie de mon rêve se réalise : je débute la cartographie dans un laboratoire d’archéologie !

Après mes études, au cours de cette petite carrière dans la recherche, j’ai ainsi découvert plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales en participant à divers projets de recherche, souvent pluridisciplinaires. Ce fut une opportunité unique et fantastique de connaître des gens de toutes cultures : collègues tchadiens, camerounais, nigérians et nigériens, macédoniens, grecs, bosniaques et croates, puis chinois durant plusieurs années en travaillant en équipe sur des projets portant sur l’histoire de Shanghai et de la Chine. Sans partir de France, et avant d’entamer une petite série de voyages en solitaire, je me voyais déjà découvrir les lieux de la Terre à travers les cartes tout en côtoyant des gens qui m’ont beaucoup apporté par leurs différentes visions du monde.

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La carte et l’artisanat

C’est précisément cette dernière étape, destinée à l’édition qui me plaisait le plus dans mon travail. J’ai énormément apprécié aussi le travail d’écriture, lorsque j’ai eu l’unique opportunité d’écrire un article que j’ai présenté à un colloque de cartographie, au sujet de réflexions sur les formes de représentations en fonction de l’espace et du temps.
M’est venue l’idée peu à peu de mettre en avant mes propres réflexions, concernant les aspects qui m’interpellaient, et de conserver l’étape finale de production de la carte : l’illustration et l’impression. A partir de là, l’idée de la sérigraphie m’a semblé naturelle, cette méthode étant l’ancêtre de l’impression numérique, je pouvais continuer à produire mes cartes à partir de mes idées, en utilisant le moins possible l’ordinateur.

C’est précisément cette dernière étape, destinée à l’édition qui me plaisait le plus dans mon travail. J’ai énormément apprécié aussi le travail d’écriture, lorsque j’ai eu l’unique opportunité d’écrire un article que j’ai présenté à un colloque de cartographie, au sujet de réflexions sur les formes de représentations en fonction de l’espace et du temps.
M’est venue l’idée peu à peu de mettre en avant mes propres réflexions, concernant les aspects qui m’interpellaient, et de conserver l’étape finale de production de la carte : l’illustration et l’impression. A partir de là, l’idée de la sérigraphie m’a semblé naturelle, cette méthode étant l’ancêtre de l’impression numérique, je pouvais continuer à produire mes cartes à partir de mes idées, en utilisant le moins possible l’ordinateur.

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